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Premier tire-fesses en snowboard

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Normalement on est mardi matin, en milieu de matinée, et vous êtes crevé. Vous êtes arrivé avec un sourire « benêt » sur la piste ce matin, après deux ou trois échauffements vite baclés, vous avez ré-attaqué les virages mais bon, là, vous en avez marre de monter à pied cette satanée piste Pitchoun afin d’enchaîner 3-4 malheureux virages. Ce qu’il vous faut, c’est une arme secrète, une porte vers la 4eme dimension afin d’être téléporté instantanément en haut de cette piste qui vous sort par les yeux.

Bon, on va se calmer… De toute façon, vous êtes assis dans la neige et y a qu’à baisser les yeux, suivre la longue file de gamins de 5 ans afin de trouver ce qu’il vous faut : le tire-fesses. Bon, ben quand faut y aller, faut y aller…

Le départ

Après une longue attente, planche attachée au pied avant, ça y est, c’est votre tour. Pas fier hein ? Ne vous inquiétiez pas, cela se voit et le perche-man vous a déjà repéré depuis longtemps. Dites vous que le tire-fesses en question est l’un des plus doux de la station et que tous les surfeurs sont passés par là. Bref, vous avancez tant bien que mal. Le gars tend la perche et là… Blocage. « Kessekifaut que je fasse???!!!! »

Pas de panique. Vérifiez bien que la planche est dans l’axe de la remontée et à plat. Jetez un oeil et vérifiez aussi que rien ne traîne (languette de la fixe arrière par exemple). Prenez la perche avec votre main avant et calez le disque entre vos jambes. Laissez votre main sur la perche. Du calme, ça sert à rien de serrer… Laissez votre pied arrière dans la neige et tendez votre bras arrière à l’horizontal au dessus de la planche. C’est lui qui va servir de gouvernail.

Une fois en position, c’est le technicien qui va déclencher le départ du tire-fesses. Pensez bien à faire porter votre poids sur la jambe avant. Au pire, trichez un peu, tirez sur votre bras avant, histoire de bien vous assurer que vous êtes presque à la verticale de votre pied avant.

Ceci dit, dès que la planche démarre, patinez un coup ou deux avec votre jambe arrière puis mettez votre pied arrière entre les deux fixations. N’oubliez pas de garder votre bras arrière tendu dans l’axe de la trace du tire-fesses. Pour le reste, regardez au loin et oubliez que votre planche est à plat.

Si en cours de route ça ratatouille, c’est de votre faute! Etes vous un peu fléchi, avez-vous votre bras tendu vers l’arrière, êtes vous souple au niveau des genoux et des chevilles ? Tous ces éléments comptent.

Faut pas rêver, il est possible que 2 ou 3 démarrages soient nécessaires avant que vous vous sentiez un peu plus à l’aise, mais bon, ça va venir. N’hésitez pas non plus, si au bout du tire-fesses, il y a une bosse ou que la zone de départ vous impressionne à lâcher la barre au trois quart de la montée. C’est une piste école et elle est faite pour cela. Dans tous les cas, il vaut mieux que vous partiez d’une hauteur intermédiaire que vous « sentez », plutôt que du sommet de Pitchoun, si, pour l’instant, vous n’êtes pas 100% à l’aise avec la planche.

Ne vous leurrez pas quand même. Avant d’aller sur les autres tire-fesses (qui vont, comparativement, beaucoup plus vite) il faudra, de manière régulière, être capable « d’atteindre le sommet » de la piste Pitchoun ! (ça vaut pas le K2 mais bon, on débute…)

Pendant la montée

En ski, c’était bien mieux. Vous allumiez votre clope, vous regardiez les filles, vous vous retourniez pour faire « coucou » au cousin Albert…. Bref, la vie était belle. Mais là… Nom de Zeus, vous êtes à deux à l’heure, vous avez peur de vous « gauffrer », vous n’avez pas du tout envie de siffloter, votre jambe avant vous fait mal, le bras arrière aussi… Engagez-vous qu’ils disaient, engagez-vous. Tu parles ! Et l’autre avec son site Web à deux balles… Allez-y, le surf c’est cool qu’il disait… Tu parles ! J’en ai marre, cette montée n’en finit pas… J’m’en fou j’arrête tout!

Eh oh, c’est finit oui? Il fait beau, vous êtes en train de monter, vous êtes en train de résoudre un méga problème (les remontées à pied de la piste), tout va bien. De toute façon, vous avez normalement d’autres problèmes à résoudre. Alors, on sourit (mais si, mais si, c’est possible) et on se concentre…

Le premier truc, c’est de ne pas sortir de la trace. Elle est peut être pas très belle mais bon vous ne sortez pas. De toute façon c’est un bon exercice car cela vous oblige a être souple sur les chevilles et sur les genoux. Oui mais y a des « bosses » sur la trace ! En fait de bosses, on est d’accord, on parle des amas de neige de 5 cm de haut qui on été créés par les perches qui ont été prématurément lâchées et qui au fur et à mesure ont creusé la piste par endroits. Bon ben pas de panique… Vous regardez loin, vous respirez et vous restez souple au niveau des chevilles et des genoux…

Oui mais y a un gamin qui vient de se « gauffrer ». Bon ben là faut réfléchir. Vous êtes plus vieux, plus gros et plus fort que lui donc c’est à vous de faire attention. Il est encore loin, ne lâchez pas la perche tout de suite. A tous les coups, il va la prendre dans le tête. Continuez gentiment, entre temps il aura peut être eu le temps de sortir de la trace. Si il ne s’en sort pas, une fois que vous êtes près, retirez votre pied arrière, retirez la perche d’entre vos jambes et lâchez-la en l’écartant du gamin (vers la gauche ou vers la droite selon) ensuite… ben, ensuite vous vous arrêtez comme vous pouvez et sans lui rentrer dedans. Ceci fait, vous jetez un coup d’œil derrière et vous sortez de la trace. Si le gamin s’en sort toujours pas, essayez de l’aider…

L’arrivée

Sur Pitchoun, le seul truc qui peut arriver, c’est un « léger » embouteillage dû à une horde de marmots qui attend sagement son moniteur ou une tribu de surfeurs débutants qui fait une pause.

Pour le reste, c’est pas parce que vous arrivez (enfin) que vous devez changer quoique se soit. Attendez gentiment le méplat final, écartez votre jambe arrière légèrement, dégagez le disque, laissez votre pied arrière sur la planche. Comme maintenant vous « masterisez » la patinette et la glissade à plat, laissez-vous glisser. A la rigueur, guidez la planche en orientant votre pied avant et laissez dépasser un peu dans la neige votre pied arrière afin de vous freiner.

Retour d’utilisateur

Manu indique : Le tire-fesses ne m’a pas posé de problèmes au début de la montée, vu que le perchiste m’a bien expliqué aussi comment le prendre, mais à la sortie ce fut un peu plus délicat, jusqu’à ce que j’observe les autres. En effet, quand je lâchais la perche, je me trouvais en déséquilibre et tombais en bout de « piste ». Les autres gardaient la perche en main encore un petit moment, jusqu’à ce qu’ils soient bien en équilibre pour repartir en glissant, et se laissaient entraîner encore un petit moment comme ça avant de finalement la lâcher. Une fois le coup de main acquis, je n’avais vraiment plus de soucis avec le tire-fesses.

Voilà, vous êtes arrêté, pied arrière libre. Dégagez l’aire d’arrivée, allez chausser dans un coin tranquille et, si c’est votre première montée, profitez du paysage !

Bon, ben on fait quoi maintenant?

Vous avez maintenant suffisamment d’éléments pour vous amuser sur Pitchoun. Faites des traversées, essayez d’enchaîner les virages, refaites des dérapages en front et en backside etc…. N’oubliez pas, sur le plat, à l’arrivée, de vous entraîner à patiner et à glisser à plat, pied arrière libre.

Ceci dit, faites très attention ! En effet, à force de monter, de descendre etc. vous allez avoir naturellement tendance à aller de plus en plus vite et là… Gare à la faute de carre… Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous à pas prévenu. Non sérieux, faites gaffes à vos os.

Le dérapage d’urgence

Pendant qu’on y est, et avant d’aller voir un prof, y a un dernier truc que vous devez avoir dans votre panoplie : le dérapage d’urgence.

Ce dernier est maintenant obligatoire car vous faites partie des seigneurs de la piste Pitchoun. Vous montez, vous descendez, les autres vous regardent… Bref vous avez d’autant plus de responsabilités que vous allez de plus en plus vite et qu’en moyenne, la faune qui peuple la piste, elle, a toujours autant de mal à savoir où elle va et à contrôler sa vitesse. Bref, vous devez être capable de vous arrêter, vite et bien.

En ce qui concerne le dérapage d’urgence, l’entraînement est relativement simple. Vous êtes en haut de la piste. Vous mettez le nez de la planche droit dans la piste, vous faites une dizaine de mètres en vous assurant que personne ne gêne et zou c’est parti. Vous êtes fléchis, en appui sur la jambe avant… Tout va bien bien. Quand vous le sentez, vous balancez un méchant coup de pied arrière histoire de ramener ce dernier à la hauteur du pied avant. Au final, vous allez vous retrouver perpendiculaire à la ligne de pente, sur la carre amont. Attention, le but du jeu est de rester digne, autrement dit, droit, vertical, dans la position de l’homo erectus moyen. Hosr de question de finir la truffe dans la neige.

Au départ il est peut être plus facile de déraper en backside (et de finir la montagne dans le dos). Ceci dit, la loi de Murphy indique clairement que c’est quand on s’y attend le moins que l’on doit utiliser le freinage d’urgence. Enfin bref, entraînez-vous à déraper d’urgence autant en back qu’en front. Il en va de la survie de vos collègues de la piste Pitchoun que de la votre.

Si vous êtes deux y a un truc à faire. Faites partir le collègue devant. Il s’arrête, se met sur les genoux et vous regarde. Vous, vous partez le nez dans la pente. Le but, bien sûr, c’est de le viser et de vous arrêter relativement près de lui après l’avoir repeint. Bon, bien sûr, on joue pas à Quake et on va éviter de mettre du sang sur Pitchoun… Alors prudence quand même… N’allez pas lui refaire la façade à grands coups de carres acérées sous prétexte que vous vouliez vous arrêter vraiment très près de lui. C’est sûr, au CHU local ils ont déjà entendu ce type d’explication débile de la part de quelques Hollandais, mais bon, vous… Vous n’allez pas leur faire ça… Allez, au boulot. Et bons dérapages.

Les autres tire-fesses

Même si c’est pas le jour (on vient de prendre le tire pour la première fois!), on ma demandé de dire un ou deux mots sur le sujet.

Bon là, faut être clair, ça va être chaud… En effet, Pitchoun, c’est de la « gnognotte » et même si à la fin de la journée vous « masterisez » complètement la bête, tous les autres tire-fesses vont vous faire le même effet que lorsque vous êtes monté la toute première fois en tant que passager sur la moto du cousin Marcel. Violence du démarrage, ivresse de la vitesse, pièges classiques de la route etc.

Un seul conseil. Choisissez votre tire-fesses « de grands » avec précaution. C’est idiot mais évitez d’arriver sur le haut d’une rouge qui commence par un goulet… D’autre part choisissez un tir-fesses relativement rectiligne et enfin un tir-fesses qui ne soit pas trop sec au démarrage (c’est en effet la phase qui risque de vous poser le plus de problèmes). Pour le reste… Ben y a pas… Faut vous lancer, vous planter, recommencer… Persévérer.

Une petite vidéo pour la fin

Ça je sais pas faire (en fait j’ai jamais essayé). Peut sans doute être utile

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