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Pilotage Moto – 03 – Freinage

L’objectif de la session

  • Apprendre à décomposer le freinage en 3 phases : montée rapide en pression, 100%, dégressif
  • Freiner à 3 doigts (rien sur le frein AR)
  • Avoir relâché le frein au PMSA (point de mise sur l’angle)

Prérequis pour la session

  • On a identifié les points de mise sur l’angle de chaque virage
  • On considère que le freinage se fait en ligne droite, moto verticale
    • Pour l’instant il n’y a donc PAS de freinage sur l’angle (Trail Braking)

Petit rappel utile

On ne pourra pas dire qu’on en a pas parlé…

  • Petit coup d’œil derrière, sur la piste, avant de rentrer
    • Je lève mes fesses de la selle et je tourne franchement la tête et le haut du corps pour vraiment voir ce qui arrive.
  • Ne PAS prendre la corde du tout premier virage
    • On rentre généralement dans une ligne droite
    • Au bout on peut se faire percuter par un gars qui est sur la piste depuis un moment et qui est lancé
  • Si on a pas de couvertures chauffantes alors on a gagné 2 tours de chauffe
    • accélérations en ligne droite pour le pneu arrière
    • freinages progressivement plus appuyés pour l’avant
    • PAS de zigzag. Ça ne sert strictement à rien.
  • On se fiche du chrono
  • Rouler très à l’aise, 2/3 de ses possibilités, ne pas se mettre en mode panique
  • Au 3eme tour on monte gentiment à 3/4 de ses possibilités car c’est une session de travail (on est pas là pour claquer une pendule)

La session

  • L’objectif du freinage est de fixer précisément la vitesse d’entrée dans le virage le plus rapidement possible
    • Dans cette session, on ne doit plus être en train de freiner quand on passe sur l’angle. Les doigts ne sont donc plus sur le levier de frein quand on passe sur l’angle.
    • On ne veut pas faire du Trail Braking c’est-à-dire de finir de relâcher les freins alors qu’on est sur l’angle (Trail off = estomper)
    • Attention à ne pas avoir une vitesse d’entrée trop faible. Cela arrive si la mise sur l’angle est trop lente.
       
  • On anticipe et on se positionne sur la moto pour le prochain virage
    • Reculé sur la selle (un poing entre le réservoir et nous)
    • Une fesse sortie, buste et épaules décalées mais pas trop
      • Hang off early and NOT too far
      • Typiquement, en ligne droite, alors qu’on est à fond et penché en avant on a sorti une fesse et on a la raie des fesses sur le bord de la selle.
  • Pointe du pied sur le bout du repose-pied intérieur afin de pouvoir, plus tard, ouvrir le genoux
    • Pied extérieur à plat, calé au talon (voir la Note de Pilotage 04 – Pivot Steering)
    • Jambes collées au réservoir pour s’y « accrocher » (Hooked In)
      • Oui, oui c’est bizarre car on a une fesse dehors avec les jambes serrées, pour l’instant on est tordu MAIS
      • Dès qu’on va ouvrir la jambe intérieure on sera quasiment en position finale pour le virage.
      • À ce propos… Faut penser à régulièrement vérifier qu’on sent bien les cuisses serrées sur le réservoir. Faut pas hésiter à coller des grips sur le réservoir. Ça évite vraiment de glisser sur le réservoir.
  • On laisse un doigt sur l’embrayage pendant tout le freinage
    • Pour rétrograder si besoin
    • Plus important : si la roue arrière veut passer devant, rebondit etc. il suffira de tirer légèrement sur l’embrayage pour remettre la roue dans l’axe
    • Bien sûr, il faut avoir remis de l’ordre et avoir relâché l’embrayage avant de passer sur l’angle
L’image est pas oufissime… Désolé
  • On redresse le buste, bras tendus, verrouillés, regard sur le point de mise sur l’angle (qui est devant nous normalement… vu qu’on se dirige dessus…)
  • On coupe les gaz et on commence à freiner en même temps
    • Faut supprimer les moments où on ne freine pas et où on accélère pas non plus.
    • Si par exemple on ne freine pas de suite, la fourche va s’enfoncer suite à la coupure des gaz et au transfert de masse. Ensuite elle va remonter (elle s’équilibre), puis on va freiner, elle va alors replonger etc. C’est pas bon du tout pour le grip du pneu avant.
  • Ceci dit, on ne saute PAS non plus sur les freins mais…
  • On freine « rapidement » de plus en plus fort jusqu’à 100%

Combien de doigts pour freiner?

  • On freine à 3 doigts (pas 1, ni 2, ni 4 mais bien 3 doigts)
  • Oui oui je sais… Voir les photos ci-dessous… Ceci dit faut quand même réaliser qu’ils ont pas nos freins (carbone etc.) ni notre force dans les doigts.
  • Il me semble donc préférable de commencer avec 3 puis d’ajuster plus tard si vraiment on est trop musclé des doigts.
  • Pourquoi 3 et pas 4? Tout simplement parce qu’il y a trop de différence entre la taille du majeur et celle de l’auriculaire et donc si on règle le levier pour l’auriculaire il sera pas bien réglé pour le majeur. D’un autre côté, les 3 dernières phalanges de l’index, majeur et annulaire sont sensiblement à la même place donc, si on règle pour l’un on règle pour les autres.
On peut noter la « longueur » du levier de frein

Réglages des leviers

  • Faut aussi penser à vérifier que le levier de frein est bien réglé (pas trop loin, pas trop proche).
  • Faut aussi s’assurer que l’annulaire tombe bien tout au bout du levier afin que les 3 doigts appliquent un maximum de couple au levier de frein.
  • À ce propos on peut jeter un œil sur le première moitié de la vidéo ci-dessous.

Retour dans la session…

  • On freine rapidement car 1 sec c’est 50 m à 200 km/h, 25m à 100 km/h (en fait c’est 55m et 27m mais on s’en fout)
  • Faut passer à 100% de freinage en 1/2-1/4 de seconde par exemple (c’est très rapide mais c’est pas « je saute sur les freins »)
  • En étant « progressif », ça évite de compresser complètement la fourche, de perdre la suspension, de bloquer l’avant et d’aller au tas.
  • On perd 100% de pouvoir directif quand la roue avant est bloquée et qu’elle « glisse » sur le bitume comme si elle était sur de la glace.
  • Pour s’exercer, au début, il faut sans doute reculer la marque de freinage par rapport à ce que l’on voudrait faire instinctivement
    • À fond on peut prendre 200 m comme premier point de repère
    • Ensuite, au fil des tours, on rapprochera la marque de freinage du point de mise sur l’angle
  • Pendant le freinage, alors qu’on est en ligne droite, moto verticale, le visage se tourne vers le point de corde (voir la Note de Pilotage 02 – Three Steps)  
  • On freine très fort mais progressivement et de manière contrôlée
    • Comme si on pressait une balle en mousse
    • Si, dans ses conditions, on va au bout de la suspension, faut revoir les réglages car si on pousse la fourche avant en dehors de son domaine de fonctionnement, elle ne va plus être capable d’amortir quoi que ce soit, la moto va rebondir, la roue avant se bloquer etc.
    • Pour tester l’ampleur du débattement de la  suspension on peut mettre un Rilsan sur un des tubes de fourche (calé en haut sur fourche inversée)
       
Bien voir le Rislan à côté des 37 mm en rouge
  • On tombe les rapports à 50%-75% de la zone de freinage
    • On relâche doucement l’embrayage. C’est important.
    • Si c’est le « bronx » au niveau de la roue arrière, comme on a un doigt sur l’embrayage, il « suffit » (yaka faukon) de tirer un peu dessus pour que tout rentre dans l’ordre. Ceci dit, on perd alors le frein moteur (on a désolidarisé la roue arrière et le vilebrequin) et donc on reste pas 3 heures avec les doigts sur le levier. Un dernier truc… Pas besoin de ramener le levier d’embrayage jusqu’à la poignée. Généralement on parle d’une course de quelques millimètres (un peu comme quand on fait cirer l’embrayage au démarrage).  
  • On relâche ensuite progressivement le frein jusqu’au point de mise sur l’angle
    • C’est ce qui permet d’ajuster la vitesse de passage précisément
    • Si l’accélérateur fixe la vitesse en sortie de virage, les freins fixent la vitesse en entrée de virage. Le degré de précision est exactement le même!
    • Encore une fois… Progressif sur la relâche du frein. Si on est pas progressif, la fourche rebondi, y a transfert de charge vers l’arrière, l’avant qui est allégé a moins de grip, la roue avant a tendance à se bloquer plus facilement etc.
    • Le freinage est terminé au moment de la mise sur l’angle. Les doigts ne sont donc plus sur le levier de frein.
  • Alors qu’on se dirige vers le PMSA, plier les bras pour ramener le torse vers l’avant afin de garder de la masse sur le train avant alors qu’on freine de moins en moins fort (ATOTW II p 51)
    • Les avant bras passent à l’horizontal avant qu’on pousse sur le bracelet intérieur. C’est dans cette position qu’on a le plus de couple pour pousser sur le bracelet intérieur.
    • Tant qu’on pousse sur le bracelet la moto va prendre de l’angle. Quand on arrête la moto reste sur un angle stabilisé.
    • Plus on pousse fort, plus la mise sur l’angle est rapide. Plus on pousse fort, plus la mise sur l’angle est rapide et mieux c’est!
  • À la fin de la mise sur l’angle
    • S’assurer que le coude intérieur est abaissé
    • Que l’avant bras, la main et le poignet sont dans le prolongement du bracelet (prise tournevis)
  • Le visage se retrouve dans le « rétroviseur » (oui, oui je sais y a plus de rétro sur la moto…)
    • Le menton au-dessus de la main
    • Bras détendus et mains relâchées pour ne pas transmettre trop de vibrations au reste de la moto
  • On ne freine plus, on contre braque en poussant sur le bras intérieur
    • Le freinage proprement dit est alors terminé
       
  • On passe sur l’angle à la bonne vitesse
    • La bonne vitesse d’entrée c’est quand l’arrière commence à déraper! (ATOTW II p 25)
    • Une fois qu’on est sur l’angle on ne change plus notre position sur la moto. Cela évite de faire des transferts de charge avant/arrière qui parasitent le grip.  

À la fin de la session

  • On freine avec 3 doigts sur l’AV sans utiliser le frein AR
  • Bien sentir les 3 phases lors du freinage
    • Montée rapide à 100% (ce qui est différent de sauter sur les freins comme un requin sur une Australienne)
    • Plateau à 100%
    • Relâche progressive pour ajuster précisément la vitesse au PMSA
  • On ne freine plus au moment de la mise sur l’angle
  • On pousse fort sur le bracelet intérieur ce qui entraîne une mise sur l’angle rapide.
  • Sur l’angle, l’avant bras, la main et le poignet sont dans le prolongement du bracelet (prise tournevis). Le coude est très bas et le nez dans le rétro.
  • On va du PMSA au PC avec l’élan, la vitesse qui reste. C’est la phase neutre. Ici il faut apprendre à être patient, ne pas lâcher le point de corde des yeux, ajuster sa trajectoire au millimètre.
  • C’est pas grave si la position n’est pas encore au top.
    • Vitesse de mise sur l’angle, vitesse de passage dans le virage et position vont progresser ensemble.

Remarques complémentaires

Relire ces pages

Revoir absolument cette vidéo

J’aimerai vraiment avoir l’occasion de faire des tests similaires histoire de vérifier ce que cela donne vraiment

  • Sur un virage où normalement on freine à 175m
  • Freinage jusqu’à l’arrêt à 200 m
  • Freinage jusqu’à l’arrêt à 150 m (s’arrête au début du vibreur externe, avant le PMSA en gros…)
  • Freinage à 120 m et passage à 80 km/h dans le virage

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